Un comité recommande de mettre fin à la «quarantaine» des voyageurs à l'hôtel

OTTAWA — L'obligation au Canada pour les voyageurs aériens de s'isoler jusqu'à trois jours dans un hôtel est une politique coûteuse et incohérente qui contient des échappatoires et devrait être abandonnée, selon un nouveau rapport d'un comité consultatif gouvernemental.

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L'appel provient d'un rapport du Comité consultatif d'experts sur les tests et le dépistage de la COVID-19.

Les experts, principalement des médecins, sont chargés de fournir des conseils à la ministre de la Santé, Patty Hajdu, sur les mesures de dépistage de la COVID-19.

Bien qu'il affirme que le Canada devrait continuer à dépister les voyageurs internationaux pour des variants plus transmissibles du virus, le comité estime qu'il devrait mettre fin à sa politique consistant à obliger les voyageurs aériens à séjourner dans des hébergements autorisés par le gouvernement.

Le comité note que le fait d'obliger les personnes arrivant par avion à séjourner dans un hôtel pendant les trois premiers jours de leur «quarantaine» de 14 jours a probablement amélioré la conformité. Mais il détaille plusieurs problèmes avec la politique.

Premièrement, le comité indique que certains voyageurs choisissent de payer une amende allant jusqu'à 3000 $ plutôt que de se prêter au séjour obligatoire à l'hôtel et que peut-être que ces personnes font fi entièrement de la quarantaine.

Outre le fardeau de forcer les voyageurs à réserver et à payer pour un séjour de trois nuits dans un hôtel approuvé par le gouvernement, le rapport indique qu'«il y a des coûts administratifs élevés et des ressources considérables consacrés à la gestion de la quarantaine dans les hôtels», qui pourraient être utilisés ailleurs pour répondre à la pandémie.

Comme seules les personnes qui arrivent au Canada doivent se mettre en quarantaine dans un hôtel, les experts affirment que certaines personnes font un détour vers un aéroport américain et entrent dans le pays par une frontière terrestre où une telle règle n'existe pas.

Et enfin, le comité estime que l'exigence de trois jours ne cadre pas avec la science concernant la période d'incubation du virus.

«Des recherches récentes indiquent que des soutiens spécifiques à l’aide financière, à l’hébergement temporaire – au besoin –, à une communication claire, à une recherche efficace des contacts et à une surveillance régulière aideraient à accroître la conformité (par opposition à forcer la mise en quarantaine dans un lieu précis)», indique le rapport.

Le rapport indique que «compte tenu de la nature mondiale des déplacements et de la mobilité des gens, des restrictions de voyage propres à chaque pays auront probablement une valeur limitée».

Ottawa prudent

Les critiques du comité sont les mêmes que celles auxquelles le premier ministre Justin Trudeau et ses ministres sont confrontés depuis des mois depuis l'entrée en vigueur de la règle plus tôt cette année.

Ils ont à plusieurs reprises défendu les mesures aux frontières du pays comme étant efficaces et nécessaires pour lutter contre la propagation du virus.

Interrogé plus tôt dans la journée sur la politique de quarantaine dans les hôtels, M. Trudeau n'a pas dit quand elle pourrait prendre fin dans un contexte où de plus en plus de Canadiens et de voyageurs se font vacciner contre la COVID-19.

«Le gouvernement du Canada poursuivra la surveillance et l'examen de toutes les données et preuves scientifiques connues pour décider des futures mesures relatives aux frontières et aux voyages, et fera preuve de prudence dans son approche, sans perdre de vue la santé et la sécurité des Canadiens et des Canadiennes», indique une déclaration conjointe de Mme Hajdu et du ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile Bill Blair, après la publication du rapport.

«Le gouvernement du Canada prendra également en considération les recommandations du Comité consultatif afin de déterminer comment les stratégies relatives aux tests et à la quarantaine devraient évoluer en fonction du statut vaccinal.»

Stephanie Taylor, La Presse Canadienne

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