La période des résultats a débuté dans un contexte de tensions mondiales
C’est difficile à croire, mais la période de publication des résultats a déjà débuté. Comme d’habitude, elle a commencé avec les banques américaines. Les résultats sont contrastés et les marchés ont réagi en conséquence. JPMorgan a publié des bénéfices en baisse, en partie du fait d’une expansion unique, puisque la banque devient l’émetteur de l’Apple Card (la carte de crédit d’Apple), un rôle auquel Goldman Sachs a renoncé après s’être rendu compte que le prêt à la consommation n’est pas aussi rentable que les services-conseils en placement. Bank of America a présenté des chiffres solides, grâce à un excellent revenu net d’intérêts. L’écart entre les taux d’intérêt à court terme et ceux à long terme reste la principale source de revenus de la plupart des banques. Pourtant, l’action a baissé, ce qui nous rappelle que, quand les attentes sont très élevées, de bons résultats ne suffisent pas toujours. Citigroup a publié des résultats inégaux, plombée par les coûts persistants liés à son retrait du marché russe. En résumé, il n’y a pas eu de casse, mais aucun résultat n’a impressionné.
La Chine a annoncé un excédent commercial annuel record de 1,2 mille milliards de dollars pour 2025 et accuse les États-Unis d’avoir aggravé les déséquilibres commerciaux mondiaux. Les données sur les échanges commerciaux de décembre ont largement dépassé les attentes, avec des exportations en hausse de 6,6 % (au lieu des 3,1 % prévus par la majorité des analystes), et des importations en hausse de 5,7 % (au lieu du taux prévu de 0,9 %). Notamment, cet excédent a été atteint malgré une baisse d’environ 20 % des exportations vers les États-Unis, redirigeant la pression vers l’Europe et les grandes économies en développement, qui s’inquiètent déjà d’être inondées de produits chinois. En même temps, Microsoft a indiqué que les entreprises d’IA américaines perdent du terrain face aux concurrents chinois, difficiles à battre parce qu’ils bénéficient à la fois de modèles ouverts à faible coût et de subventions gouvernementales. Les frictions commerciales sont loin d’être terminées.
Le président Trump a annoncé qu’il imposerait des droits de douane de 25 % sur les marchandises provenant de tout pays faisant des affaires avec l’Iran, une mesure qui pourrait compliquer les relations avec la Chine, le plus gros acheteur de pétrole iranien. Pour ce qui est de l’Iran, les déclarations à son sujet se sont fortement intensifiées. Le chancelier allemand, Friedrich Merz, a ouvertement parlé des « derniers jours du régime », tandis que les États du Golfe, à commencer par l’Arabie saoudite, ont discrètement exhorté Washington à éviter toute action militaire. Leur argument est pragmatique : une frappe contre l’Iran ferait probablement grimper les prix du pétrole, perturberait les couloirs maritimes et nuirait à l’économie mondiale, y compris à l’économie américaine. Les marchés semblent être à l’écoute. Les métaux ont de nouveau grimpé en flèche, cette semaine, l’argent dépassant 90 $ et l’or, le cuivre et l’étain enregistrant des sommets records. Les investisseurs se tournent vers les actifs réels, qui deviennent une sorte de police d’assurance géopolitique.
La semaine prochaine, les publications de résultats s’élargiront à d’autres secteurs. La technologie et l’énergie suivront, puis les médias sociaux et le secteur de la consommation. Le brouhaha macroéconomique et géopolitique demeure fort, mais jusqu’ici, les données fondamentales de l’économie ont plus de poids.
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