Notre histoire

La semaine sur les marchés – 16 octobre 2026

Revue des marchés

Inflation plus forte que prévu, emplois en berne et bénéfices des banques contrastés

  • Aux États-Unis, l’inflation a augmenté plus rapidement et de façon plus généralisée que prévu.
  • Les activités de négociation de Goldman Sachs ont connu un trimestre exceptionnel, alors que JPMorgan a déçu les attentes et que son chef de la direction, Jamie Dimon, a lancé un avertissement.
  • Tous les gains d’emploi réalisés au Canada en 2026 ont été effacés.

L’inflation américaine a-t-elle augmenté en septembre?

Les données de l’indice des prix à la consommation publiées mercredi constituaient la dernière mesure de l’inflation aux États-Unis avant la prochaine réunion de la Réserve fédérale américaine (la Fed) sur les taux d’intérêt et avant les élections de mi-mandat, et elles ont surpris à la hausse. Les prix ont augmenté de 0,6 % en septembre, portant le taux annuel de 3,4 % à 3,7 %, au-delà des 3,6 % attendus. L’inflation de base (hors alimentation et énergie) est passée de 2,4 % à 2,6 %, dépassant également les prévisions. L’essence a été à l’origine de la majeure partie de l’augmentation, avec une hausse d’environ 7 % pour le mois. Plus important encore, les pressions s’étendent au-delà du prix à la pompe.

Cela modifie les calculs d’octobre. Après la faiblesse des données sur l’emploi aux États-Unis, publiées il y a deux semaines, une hausse des taux par la Fed ce mois-ci semblait peu probable. Elle est maintenant à nouveau envisageable, à deux semaines de la décision de la Fed. Le taux des obligations du Trésor à 10 ans a bondi de huit points de base (0,08 point de pourcentage) pour s’établir à 5,3 %.

Les délestages boursiers ont mis en évidence les segments les plus vulnérables. Le Nasdaq a chuté de 1,9 %, sa pire baisse quotidienne depuis juillet, et près de trois actions américaines sur quatre ont reculé. Les sociétés d’infrastructure d’IA ayant eu largement recours à l’emprunt pour construire ont été les plus durement touchées : CoreWeave a chuté de plus de 15 %, Nebius de 10 % et Oracle de près de 9 %. Lorsque les taux augmentent, le marché pénalise les sociétés qui financent leur croissance au moyen de la dette. Les marchés du crédit avaient signalé cette pression il y a deux semaines. Les actions sont maintenant en train de rattraper le signal envoyé.

Comment les banques américaines se sont-elles comportées ce trimestre?

La saison des résultats a débuté mardi sur un contraste marqué. Goldman Sachs a dépassé les attentes en matière de bénéfices d’environ 30 %, avec un bénéfice de 17,01 $ par action, ses revenus de négociation d’actions ayant bondi de 72 % pour s’établir à 6,44 milliards de dollars. Citigroup a également dépassé les attentes. JPMorgan a en revanche affiché une rare contre-performance avec un bénéfice de 5,57 $ par action (pénalisé par une perte sur titres et une baisse de 4 % des revenus tirés des opérations sur les titres à revenu fixe), et Wells Fargo a reculé d’environ 3 % en raison de la faiblesse de ses revenus.

Cette divergence s’est répercutée sur la salle des marchés. Les pupitres de négociation d’actions ont profité de la volatilité et de la forte activité de la clientèle, alors que les pupitres de négociation d’obligations ont tiré de l’arrière au cours d’une année où les taux d’intérêt ont fortement pesé sur les détenteurs d’obligations.

L’élément le plus révélateur est venu de Jamie Dimon, chef de la direction de JPMorgan. Celui-ci a réduit les rachats d’actions à 664 millions de dollars au cours du trimestre et a averti que les déficits importants, l’inflation persistante, les prix élevés des actifs et la hausse des taux continuent d’évoluer en arrière-plan. Une banque qui réduit ses rachats d’actions tout en signalant des prix des actifs élevés envoie un message sur sa perception des valorisations.

Qu’est-il arrivé à l’emploi au Canada?

Le rapport sur l’emploi au Canada publié vendredi a causé un choc. L’emploi a chuté de 68 300 postes en septembre, contre une hausse attendue d’environ 9 000, après une perte de 41 700 emplois en août. Le taux de chômage a grimpé à 6,5 %, et tous les gains d’emploi enregistrés cette année ont été effacés. Le Québec a été le plus durement touché, avec une perte de 49 000 emplois. La plupart des pertes provenaient du secteur public et des secteurs de la santé et de l’éducation (découlant en partie de la diminution du nombre d’étudiants internationaux), tandis que le secteur manufacturier exposé au commerce a perdu environ 13 000 emplois. Les droits de douane ne sont à ce stade-ci pas la principale cause.

Avant la publication du rapport, les marchés estimaient à environ une sur quatre la probabilité d’une hausse de taux de la Banque du Canada. Cette probabilité est écartée pour octobre. Ainsi, le 28 octobre, les deux banques centrales décideront le même jour avec un instinct opposé : la Fed reconsidèrera une hausse des taux à la lumière du rapport sur l’inflation de mercredi, tandis que la Banque du Canada estimera qu’elle n’a pas de raison convaincante de relever les siens. Le dollar canadien reflète déjà cet écart, passant d’environ 0,72 $ US il y a un mois à près de 0,70 $ US. Mercredi, l’indice S&P/TSX a chuté de 1,1 %, les titres du secteur des matériaux (qui comprend l’or) ayant reculé de 4,3 %. Une Fed portée vers des hausses de taux peut influer sur les portefeuilles canadiens autant par l’intermédiaire des prix des produits de base que des taux d’intérêt.

Quelles sont les données sur le marché à venir la semaine prochaine?

La semaine prochaine, les données de l’indice des prix à la consommation au Canada seront publiées. Il s’agira des dernières données sur l’inflation avant une décision de la Banque du Canada quant à une éventuelle hausse de son taux d’intérêt. Par ailleurs la saison des bénéfices s’étendra au-delà du secteur bancaire. Après une semaine marquée par une inflation plus forte que prévu aux États-Unis et des emplois en berne au Canada, la question est de savoir jusqu’à quel point deux banques centrales peuvent diverger avant que le taux de change ne fasse-lui même l’ajustement.

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Valeur des titres à la clôture hebdomadaire des marchés – Semaine terminée le 16 octobre2026

(À 16 h HE*)

INDICES BOURSIERSNiveauVariation1 semaineDDA1 an5 ans
   CADCADCADCAD
S&P/TSX36 095,17417,041,17 %13,82 %18,50 %11,52 %
S&P 5007 651,24-162,21-2,93 %15,15 %16,12 %14,36 %
DJIA52 002,41347,23-0,21 %11,47 %13,85 %10,99 %
NASDAQ26 140,03-1 226,14-5,32 %15,87 %16,56 %14,94 %
FTSE 10010 881,90329,852,91 %11,71 %15,17 %10,77 %
CAC 407 956,70153,371,42 %-3,74 %-5,98 %5,55 %
DAX25 622,61535,341,59 %3,15 %2,14 %12,73 %
SXXP644,7413,191,54 %7,35 %9,13 %8,76 %
Nikkei65 324,29-3 706,63-6,03 %32,60 %29,65 %13,20 %
Hang Seng24 186,83-24,52-0,99 %-3,58 %-6,93 %1,59 %
DEVISESCADVariation1 semaineDDA1 an5 ans
USD1,4139-0,0125-0,88 %3,02 %0,60 %2,71 %
Euro1,5891-0,0086-0,54 %-1,40 %-3,24 %2,07 %
Yen0,0090-0,0001-0,69 %2,18 %-4,18 %-3,72 %
BONS DU TRÉSOR CANADIENTauxVariationPRODUITS DE BASEUSDVariation
3 mois2,37-0,02Pétrole101,58 $10,22 $
5 ans3,52-0,02Or4 166,87 $-27,66 $
10 ans3,83-0,05Gaz naturel3,12 $-0,07 $
TAUX PRÉFÉRENTIEL CANADIEN
4,45 %
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