Augmentation des prix du pétrole, résultats contrastés dans le secteur technologique et hausse de l’inflation au Canada
Qu’ont révélé les résultats des géants du numérique?
La semaine a commencé en force. Mardi, le Dow Jones Industrial Average (un indice qui suit 30 grandes sociétés américaines) a clôturé à un sommet record après la publication de résultats supérieurs aux prévisions, et le S&P 500 (qui suit les 500 plus grandes entreprises américaines) a enregistré trois gains consécutifs jusqu’à mercredi. SpaceX a publié son premier bénéfice trimestriel depuis son entrée en bourse, avec des revenus de 4,4 milliards de dollars (en hausse de 161 %). L’action a bondi de près de 8 %, le chef de la direction, Elon Musk, ayant déclaré qu’une fusion avec Tesla était une bonne idée.
Ensuite, les géants de la tech ont publié leurs résultats et ont fait des choix opposés. Meta a dépassé les attentes de revenus et relevé la limite inférieure de sa fourchette de dépenses d’investissement pour 2026, qui est passée à 135 milliards de dollars. Tesla a elle aussi dépassé les attentes en matière de bénéfices, malgré une baisse de 3 % de son chiffre d’affaires généré par les véhicules et une chute de 56 % de son revenu d’exploitation. Elle a ensuite réduit son plan de dépenses d’investissement pour l’ensemble de l’année, le faisant passer à environ 20 milliards de dollars, au lieu de plus de 25 milliards de dollars. Elon Musk a ajouté que tout contrat de SpaceX nécessiterait l’approbation d’au moins la moitié des actionnaires de Tesla, ce qui constitue un obstacle de taille.
Pourquoi est-ce que les prix du pétrole continuent d’augmenter?
Jeudi, les prix du pétrole se sont envolés. Le brut Brent a atteint son plus haut niveau depuis mai, et le baril de West Texas Intermediate s’est approché de la barre des 100 $. Les forces houthies ont mené des frappes en Arabie saoudite, touchant notamment un champ pétrolifère et un aéroport civil. Washington a ordonné à certains diplomates de quitter le royaume, et la télévision d’État iranienne a déclaré que sept pétroliers avaient pris feu dans le détroit d’Ormuz. Le New York Times a indiqué que les États-Unis et Israël pourraient préparer de nouvelles frappes contre l’Iran après les élections américaines de mi-mandat.
Toutefois, il y a une bizarrerie : l’approvisionnement en pétrole s’améliore. En octobre, les exportations du Moyen-Orient ont atteint en moyenne 17,3 millions de barils par jour; ce volume est supérieur aux niveaux d’avant la guerre. De plus, la circulation dans le détroit d’Ormuz est revenue à environ 82 % de la normale. De toute façon, les prix augmentent en raison de la hausse considérable des coûts d’acheminement. Mardi, le volume des contrats d’option sur le Brent (contrats financiers permettant de verrouiller un prix précis pour le pétrole) a atteint un sommet record, les raffineurs, les compagnies aériennes et les producteurs se précipitant pour se protéger de la forte hausse des prix du pétrole.
Comment se présente l’inflation au Canada?
Pour septembre, au Canada, l’indice des prix à la consommation (un indicateur clé de l’inflation au pays) a augmenté pour s’établir à 3,1 %, dépassant une nouvelle fois la fourchette cible de la Banque du Canada (comprise entre 1 % et 3 %). Cette augmentation est attribuable au prix de l’essence, en hausse de 27,8 % sur un an. Si l’on exclut l’essence, l’inflation a ralenti, passant de 2,4 % à 2,2 %. Les mesures privilégiées de l’inflation fondamentale de la Banque du Canada ont baissé : l’IPC-méd (qui mesure la variation de prix se situant au 50e centile de la distribution) s’établissant à 1,9 % et l’IPC-tronq (qui exclut les variations extrêmes de prix), à 1,8 %.
Le gouverneur de la banque centrale, Tiff Macklem, a indiqué que les prévisions de la semaine prochaine feront état d’une inflation plus élevée et qu’il vaut la peine de surveiller l’évolution de l’inflation à court terme. Toutefois, pour ce qui est des chiffres annuels, la hausse de l’inflation est presque entièrement attribuable aux prix de l’énergie.
Ce qui est frappant, c’est le contraste avec les États-Unis. La semaine dernière, l’inflation aux États-Unis s’est propagée, au-delà des prix à la pompe. Cette semaine, l’inflation au Canada est, dans l’ensemble, restée limitée au prix de l’essence.
Que faut-il surveiller, la semaine prochaine?
Mercredi prochain, la Réserve fédérale américaine et la Banque du Canada décideront de maintenir, relever ou réduire leurs taux directeurs, et d’autres géants du numérique publieront leurs résultats au cours d’une semaine qui s’annonce chargée.
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