Comment savoir si vos placements durables sont vraiment écoresponsables

L’heure de la prise en considération des effets de la crise climatique sur le système bancaire a sonné pour les banques et les investisseurs.

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Selon Reuters, les banques perdent des milliers de milliards de dollars d’actifs en raison des changements climatiques et des politiques en perpétuel changement. Le secteur financier n’est pas non plus blanc comme neige en ce qui concerne sa propre empreinte écologique. Des dizaines de grandes banques ont investi des milliers de milliards de dollars dans les combustibles fossiles au cours des cinq années qui ont suivi l’Accord de Paris. Cependant, de grandes entreprises, des banques et des universités commencent à se départir de leurs placements dans les combustibles fossiles et les entreprises à fortes émissions de carbone. 

Une autre option s’offre aux entreprises et aux institutions qui souhaitent respecter des normes plus durables : investir dans le système en fonction de facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) plutôt que de s’en retirer. Cet ensemble de normes s’applique aux activités d’évaluation des placements envisagés par une entreprise. Pour un particulier, le respect des facteurs ESG peut consister à ouvrir un compte de courtage en ligne et à choisir un portefeuille à faible risque et à forte responsabilité sociale. Pour une entreprise ou une institution, cela signifie, selon Nasdaq, investir « son capital dans des sociétés gérées et exploitées de manière proactive sur le plan éthique et de la durabilité ». 

Étienne Cadestin, fondateur et chef de la direction de Longevity Partners, société de conseils en environnement située au Royaume-Uni, estime que les facteurs ESG devraient faire partie de la gestion courante des entreprises soucieuses de leur impact environnemental et de la gestion du risque. 

« Les placements ESG sont considérés comme une catégorie d’actif distincte, mais ce ne devrait pas être le cas, soutient M. Cadestin. Les facteurs ESG devraient être intégrés à chaque procédure d’une entreprise… c’est une question de bonne pratique et de gestion responsable. » 

Il est optimiste quant à l’intégration actuelle et future des facteurs ESG dans les placements et il est ravi de constater que les entreprises n’hésitent pas à aborder la question de l’investissement responsable. Des entreprises comme la sienne et des cabinets de consultation réputés tels que Deloitte et McKinsey & Company ont exploré le sujet et servent aujourd’hui de guides dans la transition vers l’investissement responsable et durable. 

Au début de sa carrière en 2009, M. Cadestin a travaillé pour le Programme des Nations Unies pour l'environnement afin de créer une économie verte, ce qui était tout à fait inusité à l'époque, explique-t-il. L’économie verte est une économie « à faibles émissions de carbone, écoefficace et socialement inclusive », où la croissance repose sur la réduction de la pollution et l’investissement dans l’énergie durable. 

« Les changements climatiques s’accélèrent et les risques physiques qui y sont associés sont bel et bien réels. On le constate tous les jours, il suffit de penser aux inondations en Allemagne et aux incendies un peu partout sur la planète, dit-il. Il s’est opéré une véritable prise de conscience ces deux dernières années. » 

Rebecca Greenan, vice-présidente principale, Finances et exploitation, de la société de logiciels Crux OCM affirme que l’intégration des facteurs ESG est de plus en plus répandue dans différents secteurs désireux d’améliorer leur transparence à l’égard de l’impact de leurs investissements ou de leurs produits. 

« (Les facteurs ESG) représentent les principes clés de la mesure de la durabilité et de l’impact sociétal d’une entreprise, dit-elle. En analysant l’apport d’une entreprise au développement durable, nous pouvons mieux déterminer son rendement financier futur. »

Mme Greenan explique par ailleurs que les facteurs ESG permettent aussi aux entreprises d’aligner leurs valeurs sur celles de leurs actionnaires. Comme dans bien des mouvements en faveur du « développement durable », il est toutefois à craindre que les entreprises se servent des facteurs ESG comme d’un moyen pour donner une image écologique à leurs pratiques. Selon un rapport de MarketWatch, « l’intérêt des consommateurs et des investisseurs pour les facteurs ESG s’accompagne d’un essor de l’écoblanchiment ». Mme Greenan conseille aux investisseurs d’être attentifs au degré de transparence qu’une entreprise affiche à l’égard de ses fonds. 

« Un véritable programme ESG impose des mesures plus rigoureuses à la chaîne d’approvisionnement afin de garantir l’atteinte des cibles ESG, dit-elle. [Un programme] ESG touche tous les aspects et services d’une entreprise, qu’il s’agisse des infrastructures qu’elle construit, de ses activités sur le terrain, des moyens de transport qu’elle utilise, de ses systèmes internes ou de sa culture d’entreprise. Quand un employé, peu importe son niveau, est en mesure de dire ce que l’entreprise fait pour exécuter sa stratégie ESG, vous savez qu’elle a un véritable programme ESG. »

Elle recommande à l’investisseur ou au client potentiel qui veut s’assurer qu’une entreprise ne se livre pas à de l’écoblanchiment de vérifier qu’elle est transparente en ce qui concerne les mesures qu’elle utilise pour évaluer l’impact environnemental dans le cadre de son programme ESG. 

« Lorsque la rémunération est liée aux mesures ESG et qu’il y a une vérification par un tiers, l’entreprise démontre le sérieux avec lequel elle met en œuvre sa stratégie ESG », conclut-elle. 

 

Cet article a été écrit par Angely Mercado de Popular Science et a été légalement autorisé par le réseau d’éditeurs Industry Dive. Pour toutes questions de droits d’auteur, veuillez écrire à legal@industrydive.com.