Nouveau bond du pétrole et résilience de la consommation et de la technologie
Le pétrole a-t-il perdu sa capacité à choquer les marchés?
Le pétrole a encore beaucoup fluctué cette semaine, les espoirs d’une résolution rapide du conflit en Iran s’amenuisant. On s’attend aujourd’hui à ce que les pourparlers durent plusieurs mois, car le détroit d’Ormuz est toujours bloqué et la rhétorique militaire a repris. Il y a quelques semaines, cette combinaison aurait plombé l’ensemble du marché : baisse des actions, baisse des obligations et aversion pour le risque. Plus maintenant.
Cette fois-ci, les marchés ont à peine tressailli. Jeudi, le pétrole progressait de 3 % et les actions restaient stables : même le scénario classique ne s’est pas concrétisé. La hausse des prix du pétrole ne fait plus automatiquement chuter tout le reste. Même le TSX n’a pas suivi le scénario : alors qu’il progresse habituellement avec le pétrole, l’indice a cette fois-ci enregistré une baisse, jeudi. Cela donne à penser que l’effet du conflit en Iran, qui plombait les marchés au cours du dernier mois, est en train de s’estomper. Le positionnement s’est ajusté et les marchés commencent à ignorer les manchettes.
Est-ce que l’excellence ne suffit plus?
Taiwan Semiconductor a enregistré ce que la plupart des entreprises appelleraient un trimestre parfait. Le chiffre d’affaires a augmenté de 35 %, les bénéfices, de près de 60 %, les marges ont atteint des niveaux records et les prévisions indiquent une vigueur soutenue. Le thème de l’IA reste intact. La demande est forte, la capacité est tendue et le pouvoir de fixation des prix est toujours là. Pourtant, les marchés n’ont pas réagi comme on aurait pu s’y attendre, et ce comportement est plus fréquent, dernièrement. Les résultats solides sont accueillis avec hésitation. Le problème n’est pas lié aux paramètres fondamentaux, mais aux attentes. Lorsque la barre est aussi haute, même les bonnes nouvelles doivent être exceptionnelles pour faire bouger les actions de manière significative. C’est la phase dans laquelle nous nous trouvons en ce moment, surtout pour tout ce qui est lié à l’IA.
Comment se porte la consommation, aux États-Unis?
On observe une hausse des prix de l’essence, comme on pouvait s’y attendre. La facture à la pompe a bondi, avec une forte hausse en mars, les prix du carburant augmentant. Mais en dehors de cela, les choses ne changent pas. Les consommateurs continuent de dépenser. Les secteurs du voyage, du divertissement et du commerce de détail demeurent solides. Il n’y a pas encore de recul significatif dans les catégories discrétionnaires. Les coûts de l’énergie s’apparentent à une surtaxe, mais jusqu’à présent, ils n’ont pas stoppé la demande. Cela donne à l’économie plus de résilience que ce à quoi plusieurs s’attendaient au début de ce choc. Les bénéfices des banques renforcent ce message. Les résultats globaux de Bank of America, de JP Morgan et d’autres indiquent tous une bonne tenue de la consommation et une activité sous-jacente appréciable. Les dépenses tiennent bon, la qualité du crédit demeure stable et la croissance des prêts est toujours là.
Ce qui ressort de ces chiffres, c’est la façon dont les banques ont géré la volatilité. Les pupitres de négociation ont produit des résultats extrêmement solides, profitant des fluctuations des taux, des produits de base et des actions. Les services bancaires d’investissement connaissent également un regain d’énergie. Il y a des risques, bien entendu, et les préoccupations concernant le crédit privé sont toujours là. Pour l’instant, les données sont claires et l’indice bancaire américain s’est fortement redressé, après un récent recul. Le consommateur continue de consommer et le système résiste mieux que prévu.
À quoi faut-il s’attendre?
La période d’annonce des résultats a commencé en force et se poursuit la semaine prochaine. Étant donné que les marchés se stabilisent et que les fondamentaux se maintiennent, les résultats ont plus de poids que les manchettes. Si les résultats publiés continuent d’être solides, ils pourraient très bien soutenir la forte progression enregistrée par le marché au cours des deux dernières semaines.
Pour d’autres réflexions, écoutez le dernier balado de l’équipe Stratégie de placement d’IG.