Les infrastructures d’IA ont mené le bal, alors que la technologie et le risque ont divergé
Comment les semiconducteurs se portent-ils?
Seize séances de hausses, pour une croissance de près de 40 %. On a rarement vu quelque chose de similaire; en fait, il s’agit de la plus longue série de gains jamais enregistrée par l’indice SOX (indice du secteur des semiconducteurs). Et ce ne sont pas un ou deux titres qui portent ce mouvement, Nvidia, TSMC, Texas Instruments ainsi que les fabricants de composants de stockage de données analogiques et numériques font tous leur part. Les fondamentaux sont toujours là; la demande pour les infrastructures liées à l’IA reste forte, la capacité est tendue et l’ensemble de l’écosystème participe. Cela dit, les prix ont évolué plus rapidement que tout le reste. L’indice évolue nettement au-dessus de la tendance, aucune moyenne à court terme n’est en vue, et le positionnement est maintenant clairement surchargé. On ne se place pas devant un tel mouvement. Mais à ces niveaux, la question n’est plus la même. Il ne s’agit plus de savoir ce qui alimente la hausse, mais plutôt qui reste pour la maintenir. Quoi qu’il en soit, cette performance reste exceptionnelle et elle passera à l’histoire.
Qu’advient-il des actions technologiques?
Un même secteur de la technologie, mais des réactions bien différentes. Les revenus de Tesla ont été inférieurs aux attentes, et pourtant le titre tient bon grâce aux spéculations concernant le robotaxi. Le marché est toujours prêt à faire abstraction des chiffres si l’argument est suffisamment convaincant, ce qui a de tout temps été l’ADN de Tesla. Les logiciels n’ont quant à eux pas eu droit au même traitement. Les cours de ServiceNow et IBM ont subi de fortes baisses, les craintes de perturbations liées à l’IA étant au premier plan. Les investisseurs ne donnent plus le bénéfice du doute à qui que ce soit. Quoique le marché continue de payer pour les infrastructures et les capacités liées à l’IA, il devient beaucoup plus sélectif quant à ceux qui en saisissent réellement la valeur.
L’IA n’est plus une opération unique; elle commence à se fragmenter.
Les transactions sur les « actions-mèmes » sont-elles de retour?
Certains segments du marché commencent à avoir un air de déjà-vu. Aux É.-U., la règle du pattern day trader est en voie d’abolition (règle selon laquelle les négociateurs qui effectuent quatre opérations ou plus sur une période de cinq jours ouvrables en utilisant un compte sur marge [fonds empruntés] doivent maintenir un solde minimal de 25 000 $ dans ce compte). La Securities and Exchange Commission des États-Unis a approuvé la suppression de ce seuil de 25 000 $ qui empêchait les petits investisseurs particuliers d’effectuer des opérations de spéculation sur séance sur marge. Les actions-mèmes connaissent un retour en force, les volumes augmentent et la spéculation à court terme revient dans les segments habituels du marché. Ce récent changement réglementaire a peut-être contribué à ce phénomène, mais ce type de comportement apparaît rarement sans un contexte favorable. Compte tenu de l’ampleur des mouvements observés parmi les semiconducteurs et les actions technologiques à forte volatilité, ce n’est pas surprenant. Les investisseurs particuliers suivent la dynamique, comme toujours. Ce nouvel enthousiasme sur le marché de la part des investisseurs particuliers demeurera-t-il circonscrit ou commencera-t-il à se propager vers un appétit pour le risque plus généralisé? Nous le verrons bien, mais une chose est sûre : la mèche est allumée.
Que nous révèlera la saison des bénéfices?
Dans l’ensemble, la saison des bénéfices a bien commencé, malgré certaines pressions sur les logiciels. La semaine prochaine, ce sera autour de Microsoft et Meta, et les enjeux seront simples : les dépenses en immobilisations, la demande en IA et la véritable durabilité de ce cycle. L’indice S&P 500 s’est établi à environ 7 000. Ce niveau deviendra-t-il un soutien ou un obstacle? Nous le saurons sous peu.
Pour d’autres réflexions, écoutez le dernier balado de l’équipe Stratégie de placement d’IG.