Le chaos provoqué par Trump n’a pu occulter les fondamentaux du marché
Le président Trump a essentiellement accaparé toute l’attention durant la semaine. Son ton s’est nettement adouci concernant le Groenland et, après s’est entretenu avec le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, il a annoncé qu’un cadre avait été établi au sujet d’un éventuel accord et que les droits de douane qui devaient entrer en vigueur le 1er février seraient levés. Les investisseurs ont immédiatement reconnu la valse caractéristique du « TACO trade » (Trump always chickens out, ou Trump se dégonfle toujours). Les actifs risqués ont fortement progressé après la désescalade, mais ont perdu pied à la suite du refus du Danemark de négocier une prise de possession. Ils se sont toutefois repris rapidement. De fait, les actions ont renoué avec leurs sommets de la journée lorsque Trump a fait clairement savoir qu’il levait les droits de douane liés à la situation avec le Groenland. Ce nouvel épisode avait étrangement des airs de déjà vu. La même situation se répète encore une fois et nous devrions savoir comment elle se termine.
Les actions, les obligations, l’or, les cryptomonnaies, le pétrole brut et le dollar ont tous fini en hausse. Les sociétés à petite capitalisation (celles dont la capitalisation boursière est relativement inférieure) ont mené le bal, effaçant leurs pertes liées à la situation avec le Groenland et accroissant leurs gains par rapport à l’indice S&P 500. Le calme est revenu sur le marché obligataire japonais, ce qui a contribué à faire diminuer les taux à long terme et alimenté la progression des actifs risqués. Ce n’est pas la conviction qui a principalement caractérisé la séance, mais bien la liquidité. C’est du côté des FNB qu’ont eu lieu les plus importants volumes de négociation, faisant évoluer les marchés au gré des manchettes. Les achats ont repris de plus belle lorsque Trump a adouci le ton. Après tout, les fondamentaux du marché demeurent solides.
Le marché de l’emploi reste serré aux États-Unis. De fait, le nombre de demandes hebdomadaires de prestation de chômage se maintient à 200 000. Sur une base désaisonnalisée, les demandes ont augmenté (comme c’est habituellement le cas à cette période de l’année), mais leur nombre reste près des creux inégalés depuis la fin des années 1960. Le nombre de personnes qui continuent de recevoir des prestations a également reculé à son niveau le plus bas depuis novembre. Ces conditions continuent de s’inscrire dans le scénario que les marchés intègrent petit à petit : le marché de l’emploi ne menace pas de s’effondrer et les baisses de taux ne sont pas imminentes. C’est ce qui explique pourquoi les attentes de baisse des taux sont constamment repoussées, même si les actions se redressent à la faveur d’une nouvelle encourageante (lorsque les banques transfèrent le risque de crédit aux investisseurs).
Pour le moment, la volatilité occasionnée par Trump semble être chose du passé (ce qui en soi est difficile à prévoir). Par contre, ce qui nous semble de plus en plus certain est que la vente sous le coup de la panique provoquée par les menaces de Trump est une stratégie perdante. Les investisseurs ont appris à attendre que le revirement se produise. D’ici à ce que la situation change, les marchés continueront de fluctuer au gré des manchettes chaque jour, mais ce sont toujours les fondamentaux qui orienteront ultimement leur direction.
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