Une semaine occupée au Bureau ovale
L’administration américaine a annoncé qu’à l’avenir, elle allait superviser les ventes de pétrole vénézuélien, en affectant les recettes à l’achat de biens fabriqués aux États-Unis. Les volumes en question semblaient de prime abord substantiels, mais les marchés ont à peine réagi, et ce, pour de bonnes raisons. La production vénézuélienne est toujours au ralenti en raison du sous-investissement, du mauvais état des infrastructures et des contraintes opérationnelles. La question n’en est pas une d’approvisionnement à court terme, mais plutôt d’influence. En s’intégrant aux flux pétroliers vénézuéliens, les États-Unis renforcent leur position géopolitique et commerciale, en vue des négociations avec le Canada.
Le président Trump a annoncé que son administration prenait des mesures pour empêcher les grands investisseurs institutionnels d’acheter d’autres maisons unifamiliales, en demandant au Congrès de légiférer en ce sens. Les actions de capital-investissement concernées, notamment celle de Blackstone, ont été malmenées. Ces investisseurs ont souvent été pointés du doigt pour leurs achats massifs de maisons unifamiliales dans certaines régions, qui avaient pour effet d’augmenter les prix, de nuire à la liquidité et de restreindre l’accès à la propriété. Bien que les institutions ne soient pas la cause première de la pénurie de logements – il s’agit plutôt d’un problème d’offre – on peut difficilement s’opposer à une telle initiative, ne serait-ce que pour des raisons éthiques. Cette intervention crée un nouveau risque réglementaire et dénote une nette préférence pour les propriétaires-occupants au détriment des acheteurs du secteur financier.
L’administration Trump a restreint les dividendes et les rachats d’actions pour les fournisseurs de défense, jusqu’à ce que l’on relève la production et les investissements dans les capacités. Le raisonnement est simple : les délais de livraison sont longs, les stocks sont faibles et les versements aux actionnaires sont blâmés pour le sous-investissement dans les capacités manufacturières. On a demandé aux responsables du Pentagone d’identifier les fournisseurs peu performants et de lier davantage les futurs contrats au réinvestissement et à la qualité d’exécution. Les actions de l’industrie de la défense ont d’abord été pénalisées, pendant que les investisseurs réévaluaient leurs hypothèses de rendement du capital, mais les cibles de dépenses à long terme ont été sensiblement relevées, ce qui a atténué le choc. Une forte demande devrait soutenir les cours, malgré les contraintes financières. Cette directive modifiera la part de la croissance qui reviendra aux actionnaires.
Maintenant, croyez-le ou non, la saison des bénéfices aux États-Unis commence la semaine prochaine. Après une semaine marquée par les bouleversements politiques, les marchés s’efforceront de se concentrer sur les bases de l’économie.
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