Les dépenses en IA bondissent, alors que les rendements sont examinés de près
À combien les dépenses en IA s’élèvent-elles?
Les fournisseurs de services infonuagiques à très grande échelle ont été clairs : ils n’ont aucune intention de ralentir leur course à l’IA. Microsoft, Amazon, Alphabet et Meta sont maintenant en voie de dépenser plus de 700 milliards de dollars en immobilisations en 2026. Ce chiffre à lui seul montre à quel point la tendance est forte. La demande est au rendez-vous, la capacité est serrée et chaque joueur essaie de garder une longueur d’avance, comme on peut le constater.
De fait, la valeur des activités d’IA de Microsoft s’élève déjà à 37 milliards de dollars et affiche une croissance à trois chiffres. Le carnet de commandes de Google a bondi, dépassant maintenant les 460 milliards de dollars. Meta continue de sous-estimer ses propres besoins informatiques. Amazon considère l’IA comme étant la technologie qui enregistre la croissance la plus rapide jamais vue. La tendance se poursuit, mais on commence à se poser d’autres questions. À cette échelle, il n’est plus seulement question de croissance. La plus grande partie de ces dépenses ne se matérialise pas encore en production économique et, à un moment donné, le coût aura de l’importance.
Jusqu’à présent ce trimestre, c’est Google qui a donné le ton et qui servira de point de référence pour les autres joueurs, ayant affiché de loin les meilleurs résultats de la période. Son action a augmenté de 10 % après publication, tandis que celles de Microsoft (-5 %), de Facebook (-8 %) et d’Amazon (-1 %) ont reculé.
Qu’est-ce qui propulse l’économie américaine?
En surface, le produit intérieur brut américain semble bien se tenir. La croissance s’est établie autour de 2 %; rien d’alarmant, rien d’emballant. Si l’on regarde de plus près, c’est une autre histoire. Environ les trois quarts de cette croissance sont attribuables aux investissements liés à l’IA. Les centres de données, les logiciels et le matériel utilisés dans l’infrastructure informatique sont maintenant les principaux moteurs de la croissance économique, éclipsant la faible contribution des autres secteurs de l’économie.
La consommation se maintient, mais n’accélère pas. La croissance devient plus concentrée. Un tel modèle fonctionne lorsque le cycle est vigoureux, mais il laisse moins de place à l’erreur. Si les dépenses en IA diminuent, même de façon modeste, les répercussions sur la croissance pourraient être énormes. Nous croyons qu’il est important de garder cela à l’esprit, compte tenu des valorisations des actions américaines.
Les banques centrales ont-elles maintenu leurs taux?
La Banque du Canada a fait exactement ce à quoi tout le monde s’attendait : elle a maintenu ses taux inchangés à l’issue d’une quatrième réunion consécutive. Le message envoyé est prudent et mesuré, car il laisse la porte ouverte tant à une hausse qu’à une baisse des taux. Le défi est grand : la hausse des prix du pétrole fait grimper l’inflation à court terme, tandis que l’économie intérieure reste fragile. La croissance est faible, et le marché de l’emploi est morose (c’est le moins qu’on puisse dire). Toutefois, on ne lutte pas contre ce type d’inflation en resserrant les conditions de manière drastique. Elle est causée par un choc de l’offre, et non une surchauffe de l’économie.
Aux États-Unis, la Réserve fédérale (la Fed) se trouve dans une situation semblable. La politique est maintenue, l’inflation reste supérieure à la cible et les données récentes ne justifient pas un véritable changement de cap. Les pressions sur l’inflation de base sont relativement contenues, même si l’inflation globale augmente en raison des prix de l’énergie. Les marchés anticipent toujours une baisse des taux aux États-Unis et une hausse au Canada, des prévisions avec lesquelles nous sommes en désaccord; nous croyons en fait que le contraire pourrait se produire. D’ici là, les banques centrales attendent et ne sont pas pressées d’agir.
Quel pourrait être le prochain catalyseur de changements sur les marchés?
La saison des résultats n’est pas terminée, mais les données les plus attendues ont déjà été publiées. Maintenant que l’on connaît la décision de la Fed et les chiffres sur le PIB et l’inflation, les nouvelles sur la guerre pourraient redevenir des catalyseurs.
Pour d’autres réflexions, écoutez le dernier balado de l’équipe Stratégie de placement d’IG.