Bénéfices mitigés, baisse de l’offre pétrolière et excellent accord dans le secteur des puces mémoire
Comment Nvidia et Walmart se sont-elles comportées durant cette période de publication des bénéfices?
La saison des bénéfices est pratiquement terminée, et deux sociétés ont reflété presque parfaitement ce marché : Nvidia et Walmart.
Nvidia a une fois de plus livré de solides résultats. Les attentes de revenus ont été dépassées. Les revenus des centres de données ont atteint un nouveau record. Les marges (bénéfices en pourcentage des revenus) se sont maintenues à près de 75 %, ce qui frôle l’absurde compte tenu de l’ampleur des bénéfices de l’entreprise. Les prévisions de bénéfices de la société étaient solides. La société a également racheté une grande partie de ses actions, comme si maintenant générer des dizaines de milliards de dollars en flux de trésorerie disponibles s’inscrivait dans un trimestre ordinaire.
Cela dit, l’action est restée plutôt stable lors des échanges hors séance (la période de négociation qui suit la fermeture des principales bourses), pourtant habituellement très réactifs. Ce n’est pas négatif en soi, mais plutôt le reflet des attentes. Nvidia est aujourd’hui le titre le plus important au monde, ce qui signifie également qu’un excellent trimestre ne suffit plus à surprendre qui que ce soit. La barre est désormais placée dans la stratosphère.
Walmart représente l’autre versant de l’histoire. Les ventes ont été solides, le commerce électronique et la publicité ont continué de croître, et le consommateur est de toute évidence toujours présent. Toutefois, ses prévisions de bénéfices ont été inférieures aux attentes, et la direction a clairement mis en cause la hausse des prix de l’essence. Les remboursements d’impôt ont peut-être amorti le coup au premier trimestre; mais ce soutien diminue au deuxième trimestre.
Les stocks de pétrole diminuent-ils?
Les prix du pétrole ont chuté mercredi, après que le président américain Trump a déclaré que la guerre avec l’Iran pourrait se terminer très rapidement et que les prix du pétrole « s’effondreraient ». Quelques pétroliers ont également traversé le détroit d’Ormuz, ce qui a contribué à intégrer dans les cours des marchés une certaine probabilité de désescalade.
Certes, les manchettes peuvent faire bouger le prix du brut.
Mais les données sur les stocks sont loin de suggérer une abondance. Les stocks de pétrole brut aux États-Unis ont encore fortement diminué. Les titres du secteur de l’essence ont affiché un autre recul hebdomadaire. La RSP (Réserve stratégique de pétrole, c’est‑à‑dire le stock pétrolier des États‑Unis) est exploitée à un rythme record. Les stocks totaux de pétrole brut, y compris la RSP, sont revenus à des niveaux proches des plus bas observés depuis environ un an.
Nous avons donc deux récits simultanés. Le récit politique indique qu’un répit est possible. Le marché physique indique par contre que l’offre reste tendue. Ce qui est le plus intéressant, c’est la réaction des actions. Il y a quelques semaines, toutes les manchettes sur le pétrole poursuivaient la même trame : hausse du pétrole, baisse des actions, baisse des obligations, hausse de la Bourse de Toronto. Ce schéma narratif semble maintenant s’essouffler. Malgré les fortes fluctuations du pétrole, les marchés boursiers ne réagissent plus comme si chaque gros titre sur l’Iran annonçait un nouveau régime. Peut‑être que les investisseurs s’habituent au bruit ambiant. Peut-être que le positionnement s’est déjà ajusté. Ou peut-être que le marché recherche simplement une confirmation avant de paniquer à nouveau.
Que s’est-il passé chez Samsung?
Samsung a conclu un accord provisoire avec son principal syndicat, évitant ainsi une grève qui aurait pu frapper le plus grand producteur de puces mémoire au monde. L’offre est déjà tendue dans ce segment, la demande des centres de données liés à l’IA étant énorme. Les prix ont augmenté, et le risque lié à l’approvisionnement est bien réel. La dernière chose dont ce marché avait besoin était une perturbation majeure des activités chez Samsung.
L’accord est généreux : hausse des salaires, meilleurs avantages sociaux et un nouveau système de primes liées aux bénéfices qui pourrait entraîner des versements très importants si la division des semiconducteurs atteint ses objectifs. Pour les employés des usines, cela pourrait se traduire par une prime de 450 000 $ CA chacun. À la suite de cette annonce, l’indice sud-coréen a bondi de pas moins de 8 %.
Sur quoi les marchés se concentrent-ils maintenant?
La saison des bénéfices est en grande partie derrière nous et elle a été véritablement exceptionnelle. Une croissance des bénéfices d’environ 22 % sur une année n’est pas un trimestre normal; c’est l’un des contextes les plus solides de l’histoire moderne des marchés américains.
La semaine prochaine apportera son lot habituel de données macroéconomiques, mais rien qui semble exceptionnel. Avec le déluge de données incroyables sur les bénéfices maintenant derrière nous, les marchés recommenceront probablement à surveiller les deux facteurs susceptibles de plomber une fois de plus l’humeur : les prix du pétrole et les rendements obligataires.
Pour d’autres réflexions, écoutez le dernier balado de l’équipe Stratégie de placement d’IG.