Croissance résiliente malgré les écueils commerciaux
L’économie canadienne a-t-elle progressé?
La croissance s’est raffermie au Canada, ce qui arrive à point nommé. Le produit intérieur brut (PIB) a augmenté de 0,5 % en avril, après avoir reculé de 0,1 % en mars, et la première estimation pour mai laisse présager un autre gain de 0,1 %. Même si les préoccupations relatives au commerce et aux droits de douane pèsent sur la confiance, le rapport indique que la croissance de l’économie ralentit, sans être négative.
L’analyse des données montre que le rebond semble plus convaincant, car 14 des 20 secteurs ont pris de l’expansion. Les détails sont également importants : la vigueur a été soutenue par les industries productrices de biens, dont l’énergie, et le secteur des services a poursuivi sa croissance. La politique commerciale de même que le ralentissement abrupt de l’arrivée de résidents non permanents ont entraîné un ralentissement et une instabilité de la croissance, et notre équipe continue de croire que la situation incitera la Banque du Canada à abaisser son taux directeur d’ici l’automne.
Le marché du travail se porte-t-il toujours bien aux États-Unis?
Le marché de l’emploi américain s’est refroidi, sans toutefois défaillir. Le nombre d’emplois non agricoles a augmenté de 57 000 en juin, bien en deçà des 110 000 prévus, tandis que l’augmentation pour le mois de mai a été revue à la baisse de 43 000, pour s’établir à 129 000. Les données plus faibles sur l’embauche sont un autre indice qui montre que la croissance de l’emploi ralentit depuis le début de l’année.
Dans l’ensemble, le marché semble plus résilient que caractéristique d’une récession. Le taux de chômage a fléchi pour s’établir à 4,2 %, les demandes hebdomadaires de prestation de chômage sont demeurées autour de 215 000, et les données récentes de Challenger et de JOLTS (statistiques sur les mises à pied et les nouvelles embauches) montrent un faible taux de licenciement et un maintien de la demande. Pour la Réserve fédérale américaine, une telle combinaison l’incite à faire preuve de patience, car la croissance ralentit, mais pas assez pour l’obliger à baisser les taux d’intérêt tout de suite.
L’Accord Canada-États-Unis-Mexique a-t-il été renouvelé?
L’ACEUM n’a pas été prolongé à l’issue du premier examen conjoint, ce qui signifie que l’accord sera réexaminé annuellement. Malgré l’incertitude engendrée, la situation n’a aucune incidence sur l’accord-cadre commercial actuel. De fait, l’accord reste en vigueur, les préférences tarifaires continuent de s’appliquer, et à court terme, la situation risque davantage de complexifier la planification, sans pour autant perturber le commerce nord-américain.
Quelle est l’humeur actuelle du marché?
La semaine s’est déroulée sous le signe de la résilience sur fond de diminution de la visibilité en matière de politique. Les données sur la croissance au Canada et sur l’emploi aux États-Unis sont venues contredire le scénario de ralentissement, tandis que les examens annuels de l’ACEUM ont ajouté une couche d’incertitude pour les plans d’investissement. Les marchés peuvent composer avec une croissance plus lente, pourvu que le risque politique demeure contenu.
Pour d’autres réflexions, écoutez le dernier balado de l’équipe Stratégie de placement d’IG.