L’IA a reculé, l’inflation aux États-Unis a bondi, le Canada a maintenu le cap
Qu’est-ce qui explique le repli du marché?
La semaine dernière, des fissures sont apparues; cette semaine, le plancher a cédé. Les titres liés à l’IA et aux puces qui ont propulsé les marchés boursiers vers des sommets record sont devenus le moteur du repli, et les sociétés technologiques de l’indice S&P 500 ont chuté de près de 10 % en cinq séances. Le Nasdaq a chuté sous la barre des 25 200 mercredi, loin de son récent sommet. Toutefois, comme souvent, il a légèrement rebondi par la suite.
Rien dans le récit entourant l’IA n’était remis en cause; ce qui a changé, c’est le positionnement. Lorsqu’un si petit nombre de sociétés mène la charge, la baisse est aussi rapide que la hausse, et un marché évalué à la perfection n’a pas besoin de beaucoup pour vaciller.
L’inflation aux États-Unis est-elle en hausse?
L’inflation aux États-Unis a atteint 4,2 % en mai, son niveau le plus élevé en trois ans, et les prix de gros ont grimpé encore plus, l’indice des prix à la production (IPP), qui mesure l’évolution des prix de vente des producteurs américains, ayant enregistré sa plus forte hausse en près de quatre ans. L’ajout de 172 000 emplois en mai a renforcé le tableau.
Si l’on exclut l’énergie, les données sur l’inflation de base ont été plus modérées, ce qui indique que la situation s’explique encore surtout par le pétrole. Mais c’est néanmoins l’inflation globale qui contraint une banque centrale. Les marchés penchent maintenant vers une hausse des taux d’intérêt par la Fed d’ici la fin de l’année, et son nouveau président, Kevin Warsh, devra gérer cette situation lors de sa première réunion la semaine prochaine. Des taux plus élevés sont exactement ce qu’un marché coûteux et à longue duration souhaite le moins entendre.
Pourquoi la Banque du Canada a-t-elle maintenu ses taux d’intérêt?
C’est là que le Canada se démarque des États-Unis. Le maintien des taux de la Banque du Canada (BdC) à 2,25 % pour une cinquième fois consécutive n’a rien de surprenant, et le communiqué de la banque visait essentiellement à ne rien dire. Tiff Macklem, gouverneur de la BdC, a évoqué des risques dans les deux sens : une baisse des taux si les droits de douane frappent plus durement, une hausse des taux si l’inflation énergétique persiste. Alors que d’autres pays du G10 penchent vers des hausses de taux, une baisse des taux par la BdC irait à contre-courant et exercerait des pressions sur le huard, de sorte que le ton neutre tient autant de la gestion des devises que de la politique.
Les conditions ne sont pas neutres : deux trimestres consécutifs de contraction économique (et trois des quatre derniers), et une croissance annuelle de l’emploi proche d’un creux en dix ans. Le mois de mai a permis de regagner 88 000 emplois, ce qui est positif, mais ne constitue pas une tendance. Et le seul véritable argument en faveur d’une hausse des taux, la flambée du pétrole, s’est largement estompé. L’inflation étant globalement contenue, il est possible de réduire les taux et de soutenir l’activité économique. Notre pari : Les attentes de hausse des taux en décembre se transformeront en attentes de baisse. La pression s’est apaisée cette semaine, suffisamment pour donner un peu de répit à M. Macklem.
Que se passe-t-il du côté de SpaceX?
L’événement phare de la semaine : SpaceX (la société aérospatiale et de communication par satellite d’Elon Musk) a commencé à se négocier sur la Bourse Nasdaq ce vendredi, levant environ 75 milliards $ à 135 $ l’action, le plus important premier appel public à l’épargne (PAPE) de l’histoire (un PAPE étant une opération par laquelle une entreprise privée devient cotée en bourse). La semaine prochaine aura lieu la première réunion du nouveau président de la Fed, Kevin Warsh; son style de communication sera suivi de près.
Pour d’autres réflexions, écoutez le dernier balado de l’équipe Stratégie de placement d’IG.